Régnant avec autorité sur le box-office, l’encapé a le costume rigide (mais pas que) et ne semble pas disposer à rendre les armes. Devant les montagnes de $ amassés, les studios n’ont évidemment pas l’intention de laisser les super-héros et autres justiciers masqués vaquer à leur ancienne et misérable vie d’icônes de papiers. Imax et/ou 3-D sinon rien ! Entre les suites (Batman 3, Ghost Rider 2, Iron Man 3), prequelles (X-Men First Class), reboots (Spiderman - Sam Raimi for ever ! -, Fantastic Four – Tim Story for never -, Captain America, Superman) et les nouveaux venus dans le game (Thor, The Avengers, Green Lantern, Wonder Woman), le latex et les toys ne pas prêts de passer de mode. Quand bien même la dernière adaptation en date, Jonah Hex, se ramasse violemment au box-office US et se fait plomber par la critique. Le goudron et les plumes pour le cow-boy défiguré, qui a de fortes chances de décharger son six coups directement dans votre salon, Warner ayant tout simplement retiré le film de son planning.
Pour ouvrir le bal costumé 2011 (avec pas moins de 5 Superhero movies prévus) : le old-timer The Green Hornet (70 piges au compteur). Personnages popularisés par une série TV 60′s dans laquelle s’illustrait un certain Bruce Lee, Britt Reid, éditeur le jour et Frelon Vert la nuit, et son fidèle acolyte Kato avaient déjà, dans les annèes 30, fait les beaux jours de la radio US, avant d’être déclinés (à partir de 1940) sous forme de comics (aujourd’hui propriété de Dynamite Entertainment) et de devenir les vedettes de serials. Malgré une certaine notoriété au pays de l’oncle Sam, ce Green Hornet new generation est le fruit d’un development hell comme seul Hollywood sait nous en offrir. Déjà dans les années 90, les rumeurs d’une adaptation vont bon train (les noms de Clooney et Lee – fils de – son évoqués). Fin 90, le frenchie Michel Gondry bosse sur un premier jet de scénar. Projet mort né. En 2004, Kevin Smith (Top Cops) annonce qu’il écrit un long-métrage consacré au Frelon. 2006, le réalisateur déclare qu’il quitte le navire pour cause d’emploi du temps. Plus de nouvelles jusqu’à l’été 2008 et Sony officialisant la production du film, avec à sa barre Stephen Chow (Shaolin Soccer), l’acteur/réalisateur tenant également le rôle de Kato.
Nouveau retournement de situation peu de temps plus tard, Chow quitte le navire pour « différences artistiques ». Appelé à la rescousse (comme un juste retour des choses ?), Gondry (Eternal Sunshine of the Spotless Mind) rapplique dardar (ne pas placer ce calembour fut un scandale…) pour éviter le naufrage ! La pop star taïwanaise Jay Chou hérite du rôle de Kato. Cameron Diaz (Night and Day), Christoph Waltz (Inglorious Basterds) et le revenant Edward Furlong (Terminator 2, American History X) complètent un cast dominé par Seth Rogen, également scénariste pour l’occasion (avec son pote Evan Golberg). L’acteur (Funny People), ex-gros, prince du business Apatow, loin des standards de beauté et plus habitué des comédies geeks, va donc connaître son dépucelage sur un divertissement à tendance blockbuster (budget compris entre 75 et 100 millions de $).
Si le personnage a vécu nombre d’aventures au fil des années, Rogen et Golbeg (duo derrière Superbad ou Pineaple Express) ont logiquement choisi de développer la genèse du personnage avec pour simples mots d’ordres fun & entertainment. Et le trailer, en dépit d’une propension à abuser des ralentis poseurs Matrix-300-Watchmen like (merci de rayer les mentions inutiles), de ne pas laisser place au doute quant au traitement résolument récréatif de l’entreprise. Prions seulement qu’il n’embrasse pas le syndrome du frimeur Iron Man 2… Nonobstant, le chemin de croix jusqu’à la sortie en salles reste encore long ! Car, outre les reports à répétition (en raison, notamment, d’une post conversion 3-D), des rumeurs persistantes se font jour, rapportant les relations houleuses entre le studio et Gondry (les quelques images de cette première bande annonce laissent d’ailleurs à penser que l’auteur a préféré sacrifier son style sur l’autel du produit carré) et des premières projos tests désastreuses. Allez Michel, tiens bon, plus que 6 mois (janvier 2011) avant la crucifixion…







