Sin Nombre

Sin Nombre

Article publié le 09. oct, 2009 par Alex dans Cinéma, Critiques

Synopsis : Au Honduras, la jeune Sayra retrouve son père après une longue séparation. Elle va enfin réaliser son rêve, émigrer avec lui et son oncle aux Etats-Unis. Au Mexique, Casper est membre de la "Mara", l’un des plus terribles gangs d’Amérique Centrale. Pour venger la mort de sa fiancée, il tue le chef de bande et prend la fuite.
Sur le toit du train qui file vers le nord, entourés de centaines de candidats à l’immigration, Sayra et Casper se rencontrent. Il fuit son passé criminel, elle espère un avenir meilleur : parviendront-ils à échapper ensemble à leur destin et à franchir la frontière ?

Carnets de voyage

Parcours atypique que celui de Cary Joji Fukunaga, jeune réalisateur américain né en Californie de mère suédoise et de père japonais, qui après des études en France a vécu au Mexique et se retrouve aujourd’hui primé à Sundance et Deauville pour son premier long-métrage ! Fukunaga s’est permis de repartir de la Mecque du cinéma indépendant américain avec le prix du meilleur réalisateur et a glané le prix du jury (ex aequo avec Precious) au festival de Deauville. Si ces récompenses sont de très bon augure pour le reste de la carrière de ce jeune artiste, et vont, sans conteste, influer positivement sur la vie commerciale du film, elles mettent surtout en exergue les carences de la sélection. Car Sin Nombre est quand même très loin de l’œuvre poignante et boulversante copieusement vantée dans la presse, voire même simplement du film réussi. Du coup, le sacre du premier long de Fukunaga jette, au choix, le doute sur la qualité des autres métrages projetés dans la cité balnéaire normande, ou bien le discrédit sur un jury qui aurait abusé de substances hallucinogènes. Autopsie d’un vrai faux bon film…

Devant la propension de la presse et de la toile à consacrer un film dès que celui-ci se fait l’écho d’une réalité sociale, aborde une période historique un peu trouble ou bien dépeint le quotidien misérable des pays « pauvres », il apparaît souvent nécessaire de rétablir l’objectivité cinématographique, à supposer qu’elle existe… Ainsi, certains journaleux pas forcément éclairés collent l’argument inattaquable « film utile » à tort et à travers telle une parole d’évangile, oubliant qu’une œuvre cinématographique s’apprécie avant tout au regard de ses qualités intrinsèques, et non à l’aune d’un propos un tant soi peu engagé et prompt à flatter l’intelligence de la critique bobo. Et, malheureusement pour Sin Nombre, le jugement est sans appel !

Le jeune réalisateur est pourtant loin de tenir la caméra comme un manche et soigne sa mise en scène. Il faut, en effet, mettre au crédit de Fukunaga des cadres léchés et travaillés tirant le meilleur parti des splendides décors naturels. Mieux, Fukunaga évite également l’écueil propre à nombre de films utilisant la caméra à l’épaule : l’illisibilité. Mais, l’élégante réalisation ne suffit pas à masquer les énormes défauts de ce premier long-métrage. Accusant un sérieux problème de rythme, Sin Nombre semble s’étaler sur trois longues heures ennuyeuses alors qu’il n’affiche qu’une petite heure et demie au compteur. Celui qui, aguiché par la bande annonce, était venu voir un film sur la « Mara » peut également changer de salle, le film empruntant rapidement une autre voie (ferroviaire) et se transformant en road trip soporifique.

Le réalisateur préfère, en effet, survoler les rites, les codes et le mode de fonctionnement de cette « famille » d’un genre un peu particulier (clairement les éléments les plus intéressants de Sin Nombre) pour s’intéresser aux destins croisés de Sayra et Casper. Peu aidée, il est vrai, par le jeu anémique des acteurs (les expressions faciales d’Edgar Flores qui interprète Casper sont juste à hurler de rire), cette love story pour teenagers sonne faux et n’est pas crédible une seconde. Histoire de définitivement écœurer le spectateur, Sin Nombre a l’ultime mauvais goût de s’achever sur un final vu mille fois, et deviné à peine 10 minutes après le départ de la première bobine, censé symboliser le cycle perpétuel de la violence, l’enfance à jamais détruite, la rédemption sacrificielle, mon cul sur la commode, tout ça tout ça…

Au risque, donc, de passer pour un aigris insensible au cerveau lobotomisé par la bière, le scénario de cette randonnée à travers l’Amérique du sud est malheureusement trop balisé pour susciter une once d’émotion. A trop vouloir tirer sur la corde lacrymale, Sin Nombre en devient pathétique et épuisant ! Finalement, le seul souvenir que ce parcours initiatique très chiant et puant la guimauve laisse au spectateur est celui d’un violent arrière goût de vomi…

Note : ★½☆☆☆☆

Réalisateur : Cary Joji Fukunaga
Durée : 1h36

Date de sortie : 21 octobre 2009

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Alex

Biberonné à l'animation japonaise et l'actionner 80's, Alex a passé son adolescence le nez plongé dans les comics Marvel et les yeux rivés sur les péloches horrifiques et fantastiques. Exigeant, souvent vulgaire, il navigue, depuis, entre les genres et ne prend plaisir qu'en aiguisant violemment sa plume tout en se roulant nu dans sa collection de figurines et DVD/BR... Retrouvez Alex sur twitter

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