Critique
Réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack en 1933, King Kong fait incontestablement partie de ces œuvres intemporelles du 7ème art. Véritable classique ayant connut différentes suites (et remakes plus ou moins officiels) beaucoup moins glorieuses, le film de Cooper et Schoedsack marque une date dans l’histoire du grand spectacle hollywoodien, reflet d’une époque bien lointaine où les effets spéciaux numériques n’avaient pas encore envahi les écrans et où l’ingéniosité était le maître mot. King Kong a, ainsi, imprégné l’imaginaire de centaines de cinéastes et de millions de spectateurs. Aussi, comme pour beaucoup d’autres œuvres cultes (Psychose, Le jour où la terre s’arrêta, La maison du Diable…) Hollywood voit très vite dans la mise en chantier d’un remake l’immense opportunité de générer du cash. Mais, si la plupart des annonces de remake refroidissent très rapidement les ardeurs des cinéphiles et font rugir de haine les ayatollahs du 7ème art, le projet va vite susciter l’impatience plutôt que la méfiance. En effet, tout juste auréolé du succès publique et critique (amplement mérité) de sa trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson, considéré comme un dieu vivant par les geeks du monde entier, se voit proposé le film par Universal, avec qui le projet avait déjà avorté une dizaine d’années auparavant en raison de la concurrence de longs métrages traitant de thèmes similaires (Godzilla, Mon ami Joe). Mais, à contrario de la première tentative avortée, c’est Jackson qui en position de force pour négocier, et au réalisateur de demander un budget faramineux (150 millions de dollars qui se transformerons en 200 millions avec les dépassements de budget) et une carte blanche totale…

D’une très grande fidélité au film de 1933, le réalisateur néo zélandais, en amoureux du 7ème art, réussi à transcender l’œuvre originale et livre une véritable déclaration d’amour à l’un de ses films de chevet, une œuvre de 3H30 dans sa version longue (contre 1H40 pour l’original), pur fantasme de cinéphiles. Construit en trois actes, le film, malgré sa durée, n’accuse aucune baisse de rythme et ne se révèle jamais ennuyeux. En effet, malgré l’apparition tardive de Kong (au bout d’une heure), Jackson réussi à rendre son film passionnant même lorsque son monstre n’est pas à l’écran. Divertissement époustouflant aux décors sublimes (la reconstitution du New York des années 30, Skull Island qui mériterait un film à elle seule) transpirant la maîtrise technique, King Kong est un pur concentré de film d’aventure aux scènes cultes.

Pour autant, s’appuyant sur un casting parfait (Jack Black est éblouissant, Naomi Watts et Adrian Brody simplement excellents), Peter Jackson ne sacrifie jamais l’émotion sur l’autel du grand spectacle. A ce titre, toutes les scènes entre Ann et Kong sont réellement bouleversantes. Si la société d’effets spéciaux de Peter Jackson Weta relève une nouvelle fois le défi haut la main, donnant vie au bestiaire impressionnant (Kong tient à lui seul de la prouesse visuelle) et aux splendides décors dans un souci du détail proprement hallucinant, il faut également rendre justice à la performance d’Andy Serkis dans le rôle du gorille. Celui qui avait déjà interprété Gollum selon le même procédé de Motion Capture dans Le Seigneur des Anneaux nous gratifie à nouveau d’une prestation exceptionnelle, toutes les expressions faciales de Kong s’avérant bluffantes de réalisme.

Bon, assez de compliments et autres superlatifs, King Kong est juste un idéal de cinoche, un putain de chef d’œuvre alliant aventures, émotion et grand spectacle dont les très rares effets visuels peu heureux n’entament en rien le plaisir total et jouissif du spectateur. Le Blu Ray édité par Universal rend bien évidemment justice à l’immense travail visuel accompli sur le film. La haute définition est le parfait écrin pour ce bijou cinématographique. Proposant la version cinéma et la version longue, cette nouvelle édition offre également les commentaires audio (passionnants) de Peter Jackson accompagné pour l’occasion de Philipa Boyens (co scénariste/producteur), ainsi que différents bonus (interviews des équipes du film, envers du décor, galeries d’images) accessibles via la fonction U-Control. L’impossibilité d’accéder aux bonus indépendamment du film est d’ailleurs le principal défaut du Blu-Ray. Ce petit bémol mis à part, King Kong reste un achat obligatoire pour tous les bouffeurs de péloches, un titre indispensable dans toute dvdthèque qui se respecte.
[rating:6/6]






