Critique
Sorte de copier/coller des deux premiers volets dépourvu de la maîtrise de James Cameron, Terminator 3 fut une sérieuse déconvenue artistique en même temps qu’un réel succès financier, récoltant plus de 430 millions de dollars dans le monde lors de son exploitation salles. Les studios Hollywoodien n’ayant que très peu de considération pour tout ce qui relève du domaine artistique du moment que le cash entre dans les caisses, la mise en chantier d’une suite au film de Jonathan Mostow fut très vite envisagée (même si celle-ci tarda à se concrétiser). Mieux, ce nouveau volet de la saga initiée il y a maintenant 25 ans par Cameron serait le point de départ d’une nouvelle trilogie mettant en scène la guerre annoncée entre les hommes et les machines. Si le projet a fait naître une certaine excitation, il a aussi et surtout engendré une énorme inquiétude ! En effet, la guerre hommes/machines décrite par Reese dans le premier volet et entraperçue dans Terminator et Terminator 2, fut le fantasme pelliculé de millions de fans à travers le monde. De fait, chaque annonce concernant ce T4 fut guettée d’un œil inquisiteur. Mais, la première mauvaise nouvelle (de taille) ne se fit pas attendre très longtemps : McG, responsable de Charlie’s Angels et sa suite, fut choisi pour se charger de la mise en scène. Si les bandes annonces avaient quelque peu rassuré les fans sur la capacité de McG à mettre en scène un film de cette envergure, il apparaît aujourd’hui évident qu’ils se sont emballés un peu vite et que ce dernier n’est au final qu’un tâcheron incapable ! Alors que Jonathan Mostow s’était méchamment fait lyncher sur la toile pour son médiocre Terminator 3 : Le soulèvement des machines, McG devrait lui être cloué au pilori et torturé au fer à souder avant de se faire dévorer agonisant par des hordes de charognards affamés !
En cette année 2009, Les blockbusters se suivent et, malheureusement, se ressemblent ! Après Wolverine, Star Trek, ou bien encore Dragon Ball, voici donc Terminator Salvation, énième bousin cinématographique engendré par Hollywood. Fortement inspirée par Les Fils de l’Homme (plans-séquences à l’appui), la mise en scène de McG n’arrive jamais à ne serait-ce que soutenir la comparaison avec le chef d’œuvre de Cuaron. Filmant le plus souvent ses acteurs caméra à l’épaule, le réalisateur ne parvient paradoxalement jamais à impliquer le spectateur. Alors que chaque apparition du T-800 ou du T-1000 était source de tension dans les deux premiers films, les apparitions des terminators ne suscitent ici, au mieux, qu’indifférence et ennui poli. Dépourvu de toute ambition de mise en scène, McG se sent obligé de multiplier les références aux deux premiers opus sous formes de gros clins d’œil lourdingues : reprise des taglines (I’ll be back, Come with me if you want to live !), caméo vocal (inutile) de Linda Hamilton, caméo digital de Schwarzenegger, séquences similaires.
Mais l’outrage ne s’arrête pas là. Après tout des blockbusters avec à leur barre un réalisateur manchot, il en sort des dizaines chaque année, et, dans le lot, certains se laissent même regarder. Non, quitte à saborder un mythe, autant le faire complètement ! Le scénario enquille donc les incohérences les plus flagrantes et achève le spectateur avec un final crétin et inintéressant. La plupart des personnages sont sous exploités et/ou pas crédibles un seul instant. Jugez plutôt, en lieu et place d’une Sarah Connor véritable guerrière endurcie et à la limite de la folie, on se retrouve avec une sorte de bimbo métisse au brushing et à la manucure impeccable. La palme revient bien évidemment à Christian bale et Sam Worthington qui nous gratifient de prestations fadasses au possible. Comme pour le puant Wolverine, le budget a sans doute dû disparaître dans le cachet des acteurs et les effets visuels des terminators puisque les décors sont indignes d’un film à 200 millions de dollars et cherchent à simuler un monde post apocalyptique avec 2 terrains vagues et 3 routes désertées.
Et les points positifs dans tout ça ? Hormis un travail intéressant sur la lumière et des scènes d’action torchées correctement et lisibles, le film est un véritable échec artistique. Plutôt que de chercher à comprendre et assimiler la quintessence de la saga créée par James Cameron, McG livre une sorte de mix improbable entre un Mad Max du pauvre et Transformers, le tout dénué d’émotion, d’enjeux dramatiques et de cohérence. Flinguer un film au potentiel si méchamment puissant, il fallait oser, McG et son équipe l’on fait ! En clair, mieux vaut se retaper les deux premiers volets sur un vieil écran cathodique 36cm plutôt que de dépenser 9 euros pour voir ce nanar de luxe soporifique…









