Critique

En véritable artisan du genre, Alex Proyas peaufine chacun de ses projets et n’a, ainsi, réalisé que 5 films en 14 ans, dont l’excellent The Crow, le chef d’œuvre Dark City ou bien encore la publicité pour converse I Robot. Blockbuster à la gloire d’un Will Smith agaçant, I Robot n’était sauvé que par de très bons effets spéciaux, quelques thématiques intéressantes et surtout le savoir faire indéniable de Proyas. Si le film fait un peu figure d’erreur de parcours, il n’avait en tout cas pas entamé la côte de popularité du réalisateur australien auprès de la communauté cinéphile. Il risque malheureusement d’en être autrement avec Prédictions

Malgré l’admiration indéfectible que l’on peut éprouver à l’égard d’Alex Proyas, difficile, en effet, de qualifier Prédictions de réussite tant le film accumule les défauts. Tout ne partait pourtant pas trop mal, le réalisateur travaillant son atmosphère et ancrant son métrage dans une ambiance dépressive des plus singulières et réussies. Si, de par ses thématiques et son travail sur l’ambiance, Prédictions rappelle souvent l’excellent Signs de Shyamalan, le film de Proyas ne soutient jamais la comparaison dès qu’il s’agit de mettre en scène de manière intéressante les différents enjeux scénaristiques et les relations entre ses personnages. Peu aidé par un scénario sans grande originalité, le réalisateur ne semble pas vraiment savoir quoi faire de la réalisation de son intrigue et effectue de systématiques gros plans sur les différents indices, sur des coupures de journaux ou des écrans d’ordinateurs, tant et si bien que l’on comprend les tenants et aboutissants de cette enquête sous prozac bien avant les personnages principaux, par ailleurs véritables clichés ambulants dont les répliques sont ahurissantes de bêtise. Si Nicolas Cage, (un peu) moins en roue libre que d’habitude, ne tire évidemment pas le film vers le haut, que dire de Rose Byrne pour qui l’expression “jouer comme un pied” semble avoir été inventée ?

Mais, alors que l’on pensait avoir définitivement touché le fond, le final hallucinant de bien-pensance et de morale chrétienne triomphante aux SFX foireux se charge de nous achever et de consacrer le film comme l’un des nanars de l’année 2009. Pourtant, au milieu de ce naufrage, surnagent 2 scènes catastrophes magnifiques à la mise en scène sublime (le plan séquence du crash aérien et l’accident de métro) comme si Proyas avait retrouvé, l’espace de ces deux séquences, toutes les qualités filmiques qui ont fait de lui un réalisateur adulé. Malheureusement pour le spectateur, ces deux morceaux de pur cinéma ne suffisent pas à sauver cet infâme trip religieux stupide et torché avec les pieds de la médiocrité absolue ! Souhaitons à Proyas de revenir avec tous ses moyens sur un projet plus personnel et sincère…


A propos de l'auteur

Alex
Biberonné à l'animation japonaise et l'actionner 80's, Alex a passé son adolescence le nez plongé dans les comics Marvel et les yeux rivés sur les péloches horrifiques et fantastiques. Exigeant, souvent vulgaire, il navigue, depuis, entre les genres et ne prend plaisir qu'en aiguisant violemment sa plume tout en se roulant nu dans sa collection de figurines et DVD/BR...