Critique

Coupable de méfaits cinématographiques inoubliables au début de sa carrière (Jour de tonnerre, Top Gun), Tony Scott a depuis sérieusement redressé la barre qualitative et signé de très bonnes péloches (Le dernier samaritain, True Romance, Spy Game), tout en se forgeant un style très personnel qui connaîtra son apogée avec Man on Fire et sa déchéance avec le gerbant Domino, insupportable trip maniéré et tape à l’œil. Aussi, le voir revenir à la tête du remake des Pirates du métro avait de quoi surprendre ! En effet, peu connu du grand public, le film de Joseph Sargent appartient à cette race de longs métrages, à la mise en scène dépouillée et fondamentalement anti-spectaculaire, pas forcément la définition que Scott se fait du cinoche…

Grosse production pétée de tunes (budget estimé : 100 millions de dollars !), L’Attaque du métro 123 ressemble à s’y méprendre à un bon vieux film d’action des années 80/90 estampillé Joel Silver. Un retour à une époque cinématographique bénie des dieux où les films d’action n’avaient pas peur de faire gicler le sang et faire prononcer des dizaines de fuck à la minute à ses interprètes. S’il est vrai que l’on éprouve à un certain plaisir à assister à un film qui ne soit pas parasité par cette putain de caméra à l’épaule popularisée par le trilogie Jason Bourne et que tous les réalisateurs utilisent aujourd’hui afin de masquer une absence complète de point de vue cinématographique, la mise en scène de L’Attaque du métro 123 ne fait malheureusement pas illusion une seconde. Entre ralentis, gros plans brutaux, même travellings utilisés 20 fois, couleurs saturés et jump cuts foireux, Tony Scott nous ressort tous ses tics agaçants de réalisateur qui, s’ils servaient un tant soi peu le propos de son Man on Fire, ne sont ici présents que pour prouver à la face du monde que Scott est un esthète et, ainsi, faire péter le film plus haut que son cul.

Entre ralentis, gros plans brutaux, même travellings utilisés 20 fois, couleurs saturés et jump cuts foireux, Tony Scott nous ressort tous ses tics agaçants.

Mais le spectateur n’est pas dupe, et L’Attaque du métro 123 reste un film con et ennuyeux. D’un convenu consternant, il sera difficile de ne pas comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire prise d’otages à peine le cul posé sur son siège. Le scénario est d’une bien-pensance à s’en faire éclater un testicule, et cherche à faire passer son personnage principal pour une sorte d’anti héros monsieur tout le monde sans jamais avoir les couilles de le faire réellement et, pire, se complait dans une tendance anti trader putassière ! Le dernier acte du film est un modèle de hors sujet complètement à l’ouest, car ne répondant en aucun cas aux motivations des personnages, et semble tout droit sorti de Die Hard 3, sans la maestria de McTiernan bien évidemment…

Enfin, un nanar ne serait rien sans son bad guy caricatural et mal interprété. La palme revient bien évidemment ici à John Travolta, en roue libre complète, cabotinant à l’extrême, complètement ridicule en ex trader/taular avec son blouson en cuir, ses lunettes de soleil, sa barbichette et ses tatouages ! Maigre consolation, Denzel Washington ne s’en sort, quant à lui, pas trop mal en employé gras du bide, bien qu’on l’ait déjà vu en meilleure forme…

A oublier dès sa sortie de la salle, L’Attaque du métro 123 est un spectacle navrant, prétentieux, démagogique et jamais divertissant qui, en plus de s’imposer comme l’un des films les plus faibles du père Scott, prouve que les années 80/90 sont bel et bien révolues !


A propos de l'auteur

Alex
Biberonné à l'animation japonaise et l'actionner 80's, Alex a passé son adolescence le nez plongé dans les comics Marvel et les yeux rivés sur les péloches horrifiques et fantastiques. Exigeant, souvent vulgaire, il navigue, depuis, entre les genres et ne prend plaisir qu'en aiguisant violemment sa plume tout en se roulant nu dans sa collection de figurines et DVD/BR...