Critique

Attendu au tournant après son excellent The Descent, film d’horreur angoissant et claustrophobe qui soigne à vie de la spéléologie, Neil Marshall avait attisé notre curiosité avec l’annonce de son prochain long-métrage : Doomsday, film d’action futuriste et barbare, hommage déclaré à Mad Max et New York 1997. Mais les notes d’intentions, aussi appréciables soient-elles, ne suffisent pas à faire un bon film, d’autant que le genre abordé (le Post Nuke) est l’un des plus délicats à mettre en scène. Alors, ce Doomsday tient-il réellement toutes ses promesses ?

Marshall est un geek et, avec Doomsday, le réalisateur anglais a clairement voulu réaliser un film pour les geeks en se faisant plaisir et en rendant directement hommage aux genres et aux films qu’il admire. Ainsi, son Doomsday se compose en réalité de trois sous genres différents – le film de contagion, le Post Nuke et le film médiéval – et se permet de pomper sans vergogne certains chefs d’œuvre du 7ème art tels que New York 1997, Mad Max, Excalibur… Ce mélange improbable de genres aux références trop appuyées accouche au final d’un n’importe quoi filmique assez hallucinant fleurant bon les bis italiens des années 80.
En effet, malgré toute la bonne volonté de Marshall, Doomsday ne se hisse jamais à la hauteur des films qu’il cite (le mot piller serait plus approprié en fait !). Si l’on pouvait s’attendre à un film post apocalyptique racé et intelligent (Les fils de l’homme for ever !), Doomsday se révèle en fait être un film d’action burné, shooté à la testostérone, dont le scénario tient sur un ticket de métro. Mais, peu importe, Marshall assume totalement le statut de popcorn movie de son film et ne cherche jamais à assurer une quelconque crédibilité à son métrage. Rhona Mitra, sorte de Snake Pissken féminin, Bob Hoskins et Malcolm McDowell (excellent !) dominent un casting dont on se fout complètement mais qui assure néanmoins l’essentiel.

Si la mise en scène est plutôt élégante (bien que surdécoupée par moments), Doomsday n’en reste pas moins un nanar de luxe à regarder le cerveau en mode off sous peine de trouver le film extrêmement ridicule et totalement crétin ! Gore (décapitations, membres sectionnés, tête explosée au canon scié…), sincère, imparfait, mais fun et divertissant, le film trouvera tout son potentiel lors d’une soirée dvd-bière-pizza entre potes ! Amateurs du bon goût cinématographique, passez votre chemin, voici une preuve d’amour au cinéma des eighties, un film à l’ancienne comme on n’en fait plus aujourd’hui où une Rhona Mitra en combinaison moulante déglingue du punk à moto et du chevalier en armure. Rien que pour cela : merci Neil !


A propos de l'auteur

Alex
Biberonné à l'animation japonaise et l'actionner 80's, Alex a passé son adolescence le nez plongé dans les comics Marvel et les yeux rivés sur les péloches horrifiques et fantastiques. Exigeant, souvent vulgaire, il navigue, depuis, entre les genres et ne prend plaisir qu'en aiguisant violemment sa plume tout en se roulant nu dans sa collection de figurines et DVD/BR...