Critique
Le nom de James Wan est à jamais lié à la saga Saw. Réalisateur du premier volet, pur moment de tension psychologique et de manipulation machiavélique (bien loin de la surenchère gore et du n’importe quoi filmique des volets suivants), James Wan démontrait déjà avec Saw un savoir faire technique bluffant et un réel sens de la mise en scène malgré la faiblesse du budget. Plutôt que de profiter de son statut de nouveau maître de l’horreur pour réaliser la suite de son métrage ou un autre film d’horreur lambda et de céder aux diktats hollywoodiens, Wan préfèra tourner le confidentiel Death Silence (trouver une salle projetant le film tenait du miracle), hommage au cinéma fantastique des années 70/80 mais échec cuisant au box office. Il revient aujourd’hui avec Death Sentence, un vigilante movie comme on n’en fait plus !
Genre qui a connu son heure de gloire dans les années 70, le vigilante (film de vengeance), a souvent eu mauvaise presse, du moins en Europe où l’on a du mal à comprendre la fascination américaine pour les armes (totalement ancrée dans leur culture et leur histoire) et où l’acte de vengeance est totalement inadmissible et moralement répréhensible pour la presse bien pensante. Pourtant, loin de faire l’éloge de la loi du talion, le film de Wan est en réalité tout l’inverse, le personnage interprété par Kevin bacon, à mesure qu’il s’enfonce dans la violence, perdant tout ce qu’il a de plus cher, jusqu’à ressembler (y compris physiquement) à ceux qu’il traque. Cette métamorphose d’un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire est rendue possible grâce à Kevin Bacon, aussi convaincant en quadra père de famille qu’en bourreau implacable.
Si Wan avait laissé entrevoir d’énormes capacités de mise en scène avec Saw, il démontre ici tout son talent, et enchaîne les scènes déjà cultes (une course poursuite tétanisante filmée en plan séquence dans un parking à ciel ouvert, l’attaque de la maison, ou encore le final tout simplement monstrueux !). Tout au plus pourra t-on reprocher à Wan la description du gang affronté par Nick Hume, véritable melting pot ethnique bien peu crédible. Scénario efficace, violence assumée, mise en scène soignée et inventive, acteur principal au diapason, Wan vient de signer son deuxième classique… en seulement 3 films !








