Les fils de l’homme

Les fils de l’homme

Article publié le 13. oct, 2009 par Alex dans Blu Ray - DVD - TV, Critiques

Synopsis : 2027 : le plus jeune être humain, âgé de 18 ans, vient de mourir. L’Humanité a épuisé toutes les ressources de la planète et vit donc ses derniers instants. Dans un monde de violence et de chaos, une femme, enceinte, représente alors l’ultime espoir du genre humain. Elle devient par la même occasion la personne la plus recherchée de la planète. Theo, un ancien militant aujourd’hui résigné à vivre dans une société sans avenir, est chargé de sa protection…

Vive la jeunesse !

Après plus de deux ans d’attente, le blu-ray des Fils de l’homme vient enfin de débarquer dans nos bacs DVD ! Il faut dire qu’avec l’avènement du blu-ray au détriment du HD-DVD, Universal a pris un sacré coup sur la gueule ! Au même titre que Microsoft ou Intel dans l’informatique, le studio soutenait, en effet, le format de Toshiba. Avec la mort du HD-DVD, Universal a donc du changer son fusil d’épaule et ressortir les titres de son catalogue ayant déjà bénéficié d’un pressage haute définition. Comme de nombreux autres films, Les Fils de l’homme a donc subi les dommages collatéraux de cette guerre des formats. Mais, si d’infâmes purges sortent tous les mois en grandes pompes sur le support de Sony, c’est presque en catimini que cette adaptation du roman éponyme de P.D. James se glisse sur nos linéaires. Dommage, car après être passé presque totalement inaperçu lors de sa sortie salles, le long-métrage avait quand même déjà suffisamment morflé et ne méritait clairement pas, en plus, de faire les frais de cet affrontement commercial…

Réalisé par le mexicain Afonso Cuarón, auteur du volet le plus réussi de la saga Harry Potter (Le prisonnier d’Azkaban), Les Fils de l’homme n’est trop souvent considéré que comme un simple bon film, preuve évidente du mépris affiché par la grande majorité de la presse à l’égard du cinéma de genre. Car, qu’on se le dise, plus qu’une bonne péloche, Les Fils de l’homme est juste l’un des plus grands films de SF jamais tournés, un pur chef d’œuvre du film d’anticipation.

Décrit comme un anti Blade Runner par Cuarón lui-même, le film s’ancre dans un futur crédible et, de fait, totalement terrifiant. Face au terrorisme et à l’anarchie ayant envahi le monde, l’Angleterre est devenue un état totalitaire parquant et exterminant les nombreux immigrés cherchant refuge, une situation qui se veut évidemment une parabole des dérives ultra sécuritaires de certaines États. Porté par un Clive Owen en état de grâce, le film est une peinture tétanisante de la déshumanisation de notre société qui avec la disparition des enfants et de l’innocence a sombré dans la violence la plus terrible et brutale.

Aussi, afin de coller au plus prés de son personnage désabusé et de ce monde apocalyptique et désenchanté, Cuarón opte pour un style visuel proche du documentaire, caméra à l’épaule. Si souvent dénigré sur les lignes mêmes de ce site, le procédé trouve ici la pleine puissance de son potentiel, de par l’approche du réalisateur mexicain vis-à-vis de sa mise en scène. Toujours lisible, pensée, étudiée, fluide, aérienne, multipliant les plans séquences totalement immersifs, la réalisation de Cuarón touche au génie ! A ce titre, le plan séquence final de plus de six minutes (!!) qui suit Théo rampant et courant d’une cachette à une autre en plein affrontement entre armée, population immigrée et groupes révolutionnaires, symbolise à merveille toute la maestria visuelle du réalisateur.

Les fils de l’homme cristallise la parfaite symbiose entre la mise en scène, l’interprétation, la photographie, le scénario et le score. Impossible pour le spectateur de ressortir indemne d’un tel film, à jamais bouleversé par tant de puissance évocatrice, de virtuosité et d’inventivité formelle. A noter que le mois d’octobre 2006 fut béni des dieux aztèques cinématographiques, puisqu’à peine 15 jours après cette contribution majeure à l’Histoire du septième art, un autre mexicain, Guillermo Del Toro, nous assénait en pleine gueule son magnifique Labyrinthe de Pan, autre chef d’œuvre ultime injustement sous-estimé…


D’un point de vue technique la galette d’Universal fait le job ! L’image extrêmement exigeante du film de Cuarón est parfaitement retranscrite, permettant d’admirer l’énorme travail sur le grain ou la profondeur de champ. Le DTS-HD master (anglais) envoie du lourd mais nécessitera un système parfaitement équilibré au risque de devoir jouer à de nombreuses reprises avec la télécommande. Seul ombre sur cette toile de maître, le blu-ray ne propose aucun contenu inédit et se contente de reprendre les bonus déjà proposés par l’édition HD-DVD, déjà elle-même relativement pauvre en termes de valeur ajoutée par rapport au DVD collector. Mais, le cinéphile fera fi de ces légers reproches pour se jeter avec fougue et admiration sur un titre indispensable au sein de toute DVDthèque qui se respecte !

Note : ★★★★★★

Réalisateur : Afonso Cuarón
Avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine
Durée : 1h50

Date de sortie : 06 octobre 2009

Editeur : Universal

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Alex

Biberonné à l'animation japonaise et l'actionner 80's, Alex a passé son adolescence le nez plongé dans les comics Marvel et les yeux rivés sur les péloches horrifiques et fantastiques. Exigeant, souvent vulgaire, il navigue, depuis, entre les genres et ne prend plaisir qu'en aiguisant violemment sa plume tout en se roulant nu dans sa collection de figurines et DVD/BR... Retrouvez Alex sur twitter

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