Jusqu’en enfer
Article publié le 30. mai, 2009 par Alex dans Cinéma, Critiques
Tales from the Crypt
Epuisé par la réalisation du controversé Spiderman 3, Sam Raimi avait annoncé durant la campagne promotionnelle de ce troisième volet vouloir prendre ses distances avec l’homme araignée et revenir à plus d’indépendance avec un petit budget horrifique. Attendu de pied ferme par ses fans de la première heure, ce retour aux sources du réalisateur de la trilogie culte Evil Dead, était aussi marqué par le sceau de l’inquiétude ! Écopant d’une interdiction PG-13 et produit par sa propre société Ghost House Pictures, dont seul 30 jours de nuit émerge parmi une belle liste de navets, Jusqu’en enfer ne partait pas forcément sous les meilleurs auspices. Alors, après 10 années consacrées aux aventures de Peter Parker, comment Sam Raimi allait-il gérer son retour à l’horreur ? A la vision du film, on s’en voudrait presque d’avoir pu douter des compétences de ce surdoué cinématographique, Raimi livrant ni plus ni moins qu’une série B aussi jouissive qu’efficace !
Dès l’apparition du logo Universal et du très beau générique, le ton est donné : le film sera old school ! En ces temps de torture porn, remake de films cultes des 70’s et autres longs métrages mettant en scène de jeunes filles asiatiques aux cheveux gras, Jusqu’en Enfer est un véritable bol d’air rafraichissant dans la plus pure tradition des bandes 80’s. Après un premier quart d’heure des plus sérieux, où le réalisateur prouve qu’il a profondément évolué dans la description de ses personnages avec la trilogie Spiderman, Raimi dynamite très vite ce carcan trop rigide pour signer un délire cartonnesque enchaînant les séquences funs et dégueulasses des plus réjouissantes. A la manière du génialissime Bruce Campbell dans Evil Dead, Alison Lohman en prend plein la gueule durant toute la durée du film, pour le plus grand plaisir du spectateur ! De références, il en est justement question dans Jusqu’en Enfer puisque Raimi ne renie jamais son cinéma et s’auto-cite (une récurrence dans son œuvre) même à plusieurs reprises (les scènes de la voiture ou du garage directement issues d’Evil Dead…). Mais, là où beaucoup de réalisateurs seraient tombés dans l’autoparodie ou le trip régressif ringard et inoffensif, le réalisateur d’Intuitions fait encore une fois étalage d’un génie visuel hors du commun (les idées de plans complètement barrés pullulent) associé à un sens du slapstick remarquable.
Pourtant, malgré ce concert de louanges, Jusqu’en Enfer, n’atteint jamais le niveau du délire gore sous acides Evil Dead 2 et restera un excellent film, mais un Sam Raimi mineur ! En effet, pas assez gore, le film souffre surtout de 2/3 effets spéciaux ratés et d’une fin fortement prévisible dont le seul intérêt réside dans l’annihilation de toute tentative moralisatrice, ce qui n’est déjà pas si mal me direz-vous à en juger par la horde de bousins bien-pensants qui déferle sur nos écrans… Petite parenthèse dans la construction du mythe arachnéen de Raimi, Jusqu’en enfer n’en reste pas moins un véritable train fantôme jubilatoire provoquant fou rire et effroi, et dont les petites faiblesses n’entament en rien le plaisir du spectateur, qui aura comme l’impression de retomber sur une bonne vieille VHS des années 80, avec ce que cela implique de nostalgie…
Note : 




Réalisateur : Sam Raimi
Avec Alison Lohman, Justin Long, Jessica Lucas
Durée : 1h39
Date de sortie : 27 mai 2009









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