Defendor

Defendor

Article publié le 06. mai, 2010 par Pan dans Blu Ray - DVD - TV, Critiques

Synopsis : Arthur Poppington, mentalement déficient, n’a pas besoin de super-pouvoirs ni de gadgets high tech pour combattre le crime. Uniquement armé de son candeur et un arsenal d’armes improvisées faites-maison, il deviens DEFENDOR ! Pour le soutenir, il trouve, en la personne d’une prostituée, une amie et une partenaire Pourront-ils, à eux deux, combattre le prince du proxénétisme, de la drogue et de la contrebande sans se faire dessouder ?

L’anti Kick-Ass

Ne l’appelez pas « Defender », ça énerve Woody Harrelson. Autant que nous, spectateurs, qui espérions éprouver au cinéma le premier film d’un dixième couteau de séries télé (X-Files, Stargate SG-1), Peter Stebbings. S’il s’est posé deux petits mois à l’affiche aux Etats-Unis, ce film de super-héros citoyen se dégustera en France sur galette de luxe. Meme si nous l’attendions la rage au ventre et le « D » sur le torse (velu ou non), nous ne savions comment l’approcher : comédie parodique ou drame indé sur le thème de l’encapé ? On imagine donc aisément la difficulté d’envoyer cette grenade-smiley certes réjouissante mais à faible zone de déflagration sur l’impitoyable marché ciné. Retour sur le métrage masqué en compagnie de l’ami Harrelson, natural born vengeur !

Pas un scoop, le super-héros, libre de toute glorification depuis un bon moment, tend à se montrer sous son vrai visage. Pas étonnant, donc, que Defendor se place sur le même créneau que le vicieux (et foireux) Kick-Ass. Ici, le dépucelage ciné de Peter Stebbings nous montre un quarantenaire inadapté et mentalement déficient, ne vivant que pour sa quête punitive envers les dealers et les macros. Derrière le masque (peint à la main), l’attachant et toujours enthousiaste Woody Harrelson (Tueurs-Nés) batifole – du moins dans la médiocre première partie, la jouant à la Semi-Pro et Zombieland. Le voir en justicier du pauvre, blindé de gadgets enfantins (billes, lance-pierre, bombes-abeilles ou poire remplie de jus de citron) promet quelques sourires mais surtout une véritable empathie pour le pauvre bougre. D’autant que le reste du casting, impeccable, semblent autant que nous ravis de retrouver (entre autres) Michael Kelly (Les Sopranos, Incassable) et le trop rare Elias Koteas (La Ligne Rouge, Two Lovers).

Si Defendor possède un indéniable charme malgré son incapacité à se définir (le film slalome entre show sadique, bon gros drame ou comédie folk indé), le point noir incombe à la réalisation sacrément maladroite de Peter Stebbings. Fébrile dans les placements, le cinéaste se cache derrière des contre-champs en plans larges pénibles lorsqu’il ne se contente pas de plans fixes et travellings horizontaux particulièrement outrageux exceptés notamment chez Wes Anderson. Dommage, tant l’approche de Defendor au sujet du vigilante (adepte de l’auto-justice) était loin d’être ficelée comme une brute Millarienne : jouant avec les stéréotypes qui définissent habituellement le super-héros (voix gutturale, poses iconiques, gestuelle amplifiée), le film ne lâche pas un pet de manichéisme, s’abstenant de diffuser un message douteux sur la violence. Stebbings, aussi auteur du scénario, préfère s’intéresser au symbole du justicier lambda plutôt que cautionner ses actes certes compréhensibles mais dépourvus de recul.

Soulignons – même si c’est la moindre des choses – l’excellente qualité d’image propulsée par le DVD et les bonus chatoyants. Les commentaires audios remplissent parfaitement leur rôle en convoquant non seulement Stebbings mais le producteur, Woody « je pars dans tous les sens » Harrelson et la jeune actrice Kat Kennings. Côté scènes inédites, pas grand chose à se mettre sous la cape mais le reportage compense par ses nombreuses approches du métrage (technique, prod, acting, écriture et genèse du projet). Nonobstant, nous sommes plutôt déçus des Bloopers (bêtisier), étonnement austères. «You can’t always get what you want», envoie Sir Jagger à l’écriture de ces lignes.

Ne nous le cachons pas, en toute sympathie, Defendor est le premier coup de Peter Stebblings derrière la caméra et c’est évident. Pas encore à l’aise avec l’engin entre ses mains (contre-champs ignobles, travellings horizontaux abusifs), engourdi d’un scénario un brin redondant, l’acteur parvient tout de même – et de manière croissante – à insuffler un semblant d’épique à Defendor. Ce dernier, a contrario d’un certain comic-book de justicier citoyen récemment adapté au cinéma, se pose cinq minutes sur la notion de vigilante en nous susurrant que pour enfiler un costume sans pouvoirs, il faut un QI de 80 et la probabilité de crever comme une merde sur le bitume reste élevée. Porté par une bande de comédiens décontractés et un Woody Harrelson parfois surprenant, Defendor ne méritait peut-être pas le grand écran mais s’impose clairement comme un excellent et pas onéreux Direct To Video du dimanche soir. When heroes lose, DVD fights back !

Note : ★★★½☆☆

Réalisateur : Peter Stebbings
Avec Woody Harrelson, Kate Dennings, Elias Koteas
Durée : 1h41

Date de sortie : 05 mai 2010

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Pan

Torché à la littérature fantastique, Pan est un animal mystique voire pervers. Il se réfugie très tôt dans la jungle vidéo-ludique puis le cinéma. Journaliste vaporeux, Pan lit toujours mais toujours un peu moins de fantastique, feuillete pas mal de BD, se désocialise faute aux séries TV. Il ne peux s’empêcher de citer quelques noms dont la simple évocation illumine son regard de Carlin : R. Matheson, J. Depp, W. Anderson, A. Moore, S. Raimi, V. Price, T. Gilliam, S. Carrell, G. Orwell, N. Gaiman, P.T. Anderson, G. del Toro, TMNT (et alors ?), R. Bradbury, Farrelly Brothers, H.G. Wells, The Monty Pythons, T. Pratchett, E. A. Poe, S.Spielberg, C. D. Simak, etc. Pan, un être cohérent. Retrouvez Pan sur twitter

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