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Fantastic Mr. Fox


Fourrure vintage


Posté le 4 février 2010
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Trois fermiers doivent faire face à un renard très futé à la recherche de nourriture pour sa famille...

Chaque jour qui passe sans un film de Wes Anderson est un pas vers la cécité. C’est un fait : que serait le XXIe siècle sans La Famille Tenenbaum, À Bord Du Darjeeling Limited ou La Vie Aquatique - par ailleurs le film le plus drôle de la galaxie ? Bien sombre, à n’en pas douter. Car le dandy pop texan (oxymore), parvient à installer au sein de chacun de ses films, et sans lasser, un univers insolite et personnel brillamment à côté de la plaque, musical, sur-expressif, saupoudré d’une poésie inaltérable à l’humour moins marginal que décalé. Son nouveau tableau s’inspire d’un classique de Roald Dahl - écrivain enfantin décidément en vogue chez cette génération de cinéastes (Burton, Selick, del Toro) - pour composer une fable en go-motion (animation image par image via une caméra "photographique") qui ne dépareille paradoxalement pas avec la reste de sa filmographie : famille, amitié, amour adolescent et tronches de cake prise sur le vif, avec autant d’inventivité visuelle. La question, à laper, est sur toutes les gueules : le nouveau Anderson est fantastique... ou fleure-t-il le renard ?

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Fantastic Mister Fox (FMF, mais rien à voir avec la médecine) puise donc dans le terreau de la fable originale (un renard versus 3 fermiers : fight !) pour mieux la compléter d’une multitude de protagonistes à fourrure et la saupoudrer de rebondissements inédits et parfaitement modernes. Contemporain, FMF l’est certainement dans le fond ; les relations entre les êtres opposés, les rapports familiaux conflictuels mais sincères - la spécialité Anderson - fourmillent même s’il manque la profondeur habituelle (seul vrai, mais important, point noir sur ce pelage immaculé). Tellement de situations, tellement de personnalités fortes et éclatées que le récit n’a pas le temps de s’appesantir sur l’une ou l’autre (excepté Mister Fox et peut-être son fils, Ash). FMF ressemble, certes, à un film de luxe pour gosse raffiné, s il s’agit pourtant, et paradoxalement, de l’œuvre la plus mature du cinéaste, qui développe sans vergogne des thèmes bien plus universels, voire carrément écologiques si l’on se réfère à certaines séquences à la plastique somptueuse.

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Car si FMF s’inscrit davantage dans une réalité finalement très actuelle, il use d’une forme archaïque pour la projeter à ses spectateurs : le go-motion. Et là, Anderson fait fort. Non content de surprendre tout le monde, le réal’ s’essaie à l’une des techniques d’animation des plus casse-trognes et astreignantes ; un mouvement de marionnette nécessitant par exemple une dizaine de photos. Au total, pas moins de 621.000 clichés ont capté l’essence du long-métrage dont un travelling en plan de coupe étourdissant. Une fastueuse entreprise à laquelle devait participer le populaire Henry Selick, bien trop occupé sur le splendide Coraline.

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Fastueux vintage, les premiers qualificatifs jaillissent lorsque l’on découvre les premières images de FMF, long-métrage résolument esthète au style virtuose. Anderson faisait de la force des détails l’un de ses innombrables tics (v. le Darjeeling ou La Famille Tenenbaum), il développe ici un sens inouï de la couleur ; que ce soit en extérieur, avec ses ciels tantôt orangés tantôt vanillés, qu’en intérieur où il utilise admirablement des couleurs très lumineuses. Certains plans flirtent carrément avec la peinture et, par leur placement, avec les jeux vidéo du golden age 2D. Le cinéaste renoue avec les vêtements kitsch stylés vus dans Tenenbaum ou La Vie Aquatique ; et même le design des créatures avec leurs poils tombés des trophées muraux de chez Papy, n’est pas sans faire penser à un pan des années 70 essorées dans une machine à laver hallucinogène. Et puis... Même si FMF n’a pas la force contemplative de La Vie Aquatique, le film présente tout de même des séquences d’une beauté écrasante de poésie et de grâce. On remarque notamment un clin d’œil au final en stop-motion du dernier film cité (tiens, tiens : réalisé par Selick !), sans doute les secondes de flottement les plus magiques de ce Fantastic Mister Fox : le loup saluant le passage des héros sur la route du retour.

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Il n’y a pas de doute, FMF transpire le rétro par tous les pores/porcs. Le choix d’un George Clooney en doubleur du renard s’impose ainsi de lui-même, l’acteur prenant une intonation Nespresso-chic et espiègle idéale pour interpréter le canidé frimeur et égoïste. Toujours dans la caravane Anderson, on retrouve également le coutumier Jason Schwartzman (Ash), Wallace Wolodarsky en Kylie, inénarrable Bill Muray (Badger), l’excellent Willem Dafoe dans la peau de l’excellent Rat ou Owen Wilson, hilarant en Coach Skip ; auxquels se joignent donc George, Meryl Streep (madame Fox) et même Wes Anderson lui-même dans la peau touffue de l’agent immobilier. Une grande famille, encore une fois, qui transpire l’envie de s’amuser et la volonté du faire du bon cinéma, divertissant, cocasse et aérien, capable de rappeler en quelques minutes pourquoi on aime autant le septième Art. Si, c’est vrai. Parole de blaireau !

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Comme une petite fleur, le plus bobo des cinéastes compose avec un procédé d’animation des plus complexes... sans pour autant perdre la “patte” qui le définit. Au contraire ! Cette sixième comédie lui permet de s’accomplir. Fantastic Mister Fox offre à Wes Anderson la possibilité d’exploiter sous toutes leurs formes et dans tous les sens une galerie - au sens propre - de personnages aussi éloignés les uns des autres qu’un Rickie Tenenbaum d’une Margot Tenenbaum, qu’un Steve Zissou d’un Ned Plimpton. Le dandy s’amuse avec le corps et joue des protagonistes comme avec des marionnettes. La ritournelle Anderson de fonctionner à plein régime de poulet : “nous sommes tous différents, et c’est fantastique !”.
Si l’objet est beau comme un tracteur, précis comme un piège à loup, il perd peut-être en émotion ce qu’il gagne en souplesse. Mais ne boudons pas notre plaisir : Suivez monsieur Fox dans ce trou-là, vous en sortirez pleins de couleurs. Ffufuittt... Tac, tac !

9 Messages de forum

  • gravatar
    4 février 16:03, par Benjamin F

    Bon je lirai la chronique après avoir vu le film ; je suis juste trop impatient !

    Voir en ligne : http://www.playlistsociety.fr/


  • gravatar
    4 février 16:10, par Pan

    Et tu as bien raison ! Repasse nous dire ce que tu as pensé du poilu et sa bande :)

    Voir en ligne : http://geekculture.fr


  • gravatar
    4 février 16:57

    haha, le poilu.. ça me rappelle le nom donné à un de mes amis.. remarque il sentait plutôt le fénec... hm désolé ..

    sinon le film à l’air rigolo et poétique à souhait !


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    5 février 15:31, par Niko

    Tiens la longue réflexion a été positive, tu semblais moins conquis en sortie de projo ;) Tant mieux ! Et pour moi qui découvre Wes anderson (je me suis empressé de voir la vie aquatique après notre discussion) et bien je crois qu’avec l’animation il a presque trouvé l’outil idéal pour son cinéma, l’évolution est carrément logique !

    Bon par contre 2 bonnes notes à la suite ça commence à sentir la guimauve sur Geek Culture ^^

    Voir en ligne : http://www.filmosphere.com


  • gravatar
    5 février 16:03, par Pan

    Oui, après visionnage, j’ai eu le coup de déprime post-Anderson ; mais surtout quelque peu frustré de ne pas avoir vu un Wes Anderson avec de vrais visages amorphes et des relations plus profondes et décalées. Je suis d’accord pour dire que c’est l’évolution logique de son cinéma mais je préfèrerais autant la régression - même si FMF est un petit bijou d’animation, attention. Et il m’a entendu - il lit très régulièrement GeekCulture.fr, n’est-ce pas Wes ? - puisque son prochain film sera live (source : itw Brazil).

    ^^Oui j’avoue que ça se ramollit du slip sur GeekCulture. Presque quatre notes très positives sur 6 oeuvres en Home... Qu’est-ce qui se passe, Alex... Alex ? Lâche tout de suite ce couteau de cuisine et le dossier de presse de Hors de Contrôle (avec Mel Gibson, sortie le 17 février) !! Mon Dieu, pauvre Mel.

    Bon, je crois qu’Alex va, très prochainement, remettre GeekBougonCulture sur les rails...

    Voir en ligne : http://geekculture.fr


  • gravatar
    20 février 16:31, par alexandre mathis

    c’est une sacré tuerie oui !!! je me marrais comme un gosse dans la salle. Et en même temps, je trouve que l’aspect familial (absent dans l’œuvre originale) est super bien approfondie pour de l’animation. Le problème de filiation, l’aspect prestige social, tout cela est très bien développé. En ce morne début d’année, un des meilleur film sorti. (en attendant l’avalanche de promesses de fin de mois et de début Mars.)


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    22 février 09:06, par Zez

    Encore une superbe immersion dans le monde de Wes anderson, qui ne vit définitivement pas sur la même planète que nous simple humanoïdes, et c’est tant mieux ! Comme d’habitude, je ressors de mon canapé du cinéma un peu déçu que ça s’arrête car c’est à chaque fois un voyage profond (d’ailleurs très bien représenté par the darjeeling limited) et, encore, oui parce que j’aime ce mot, une immersion profonde dans son univers. LE but étant de nous vider la tête et de la remplir de son imaginaire, chose qu’il fait très très bien. En même temps étant encore à demi enfant, l’adaptation d’un Roal Dhal, même si c’est un saut-périlleux, lorsqu’elle est bien maîtrisée, a une saveur toute particulière ! Mention spéciale pour le personnage de Ash avec un pur Jason Schwartzman digne de I love huckabees ! Ce rôle est écrit pour lui et "sa différence", j’adore !

    Pour résumé, j’ai passé un excellent moment, quoiqu’un peu court, et ce retour à une animation traditionnelle ne m’a en aucun cas dérangé une fois la chanson d’introduction passée. Il faut dire que les musiques sont encore une fois un des éléments forts du film nous permettant de nous faire digérer les situations burlesques et décalés sans la moindre longueur ou "ennuitudes" pour inventer des mots, parce que oui j’aime ça inventer des mots. Un film à voir au moins une fois, et à revoir dans 10 ans.


  • gravatar
    23 février 18:31, par Pan

    Merci de vos impressions, les mecs :)


  • gravatar
    1er mars 16:49, par gromain

    j’ai adoré. LE FILM à voir en ce début d’année. Et pas cette bouse de shutter island.



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